06/11/2014     (imprimer)

La folie malaise

Comment se fait-il, me suis-je demandé l’autre jour, que, depuis plus de cinq ans maintenant, je consacre plus de la moitié de mon temps de lecture, d’étude et d’écriture aux choses malaises ! Celles de l’archipel malayophone, comme dirait mon ami Georges Voisset. Malaisie et Indonésie, pour être plus précis. Quelle est cette fascination, cette folie qui m’est tombée dessus ? Après le Sortilège malais de Sommerset Maugham et le Sacrilège malais de Pierre Boulle, voici la Folie malaise de Jean-Claude Trutt !
Alors j’ai décidé de mener mon enquête. Et je vous convie, si vous le voulez bien, à m’accompagner. Peut-être comprendrez-vous ce que je n’arrive pas à comprendre moi-même.
Tout a commencé avec une note faite sur mon site Voyage, une petite esquisse d’une comparaison entre tanka japonais et pantoun malais. Rien de surprenant : je venais de lire les bouquins de Daillie sur le pantoun malais, l’Histoire du genre pantoun de Georges Voisset, j’étais revenu à Malaisie de Henri Fauconnier où j’avais découvert ce petit poème étrange et original pour la première fois, j’avais fait une recherche sur le net et trouvé trace d’un Voyageur érudit, Domeny de Rienzi qui, dès 1836, avait donné, en français, une définition assez précise du pantoun des « Habitants de ces îles », et, d’un autre côté, je fréquentais depuis de nombreuses années déjà le site québécois haïku-tanka crée par le Français Patrick Simon et j’étais un abonné de la première heure – et un contributeur – de sa Revue du Tanka francophone. Le haïku est un genre tout à fait à part qui ne ressemble à rien d’autre. Une impression fugitive, une esquisse poétique. Mais le tanka a un air de famille avec le pantoun : il est court, cinq vers, 31 syllabes, et lui aussi marche un peu sur deux jambes, même si la différence entre les deux parties du poème n’est pas aussi marquée que pour le pantoun. Mais, bon, on ne va pas revenir là-dessus, si cela vous intéresse vous n’avez qu’à me lire… Je publie donc mon texte sur mon site (c’était en janvier 2009) et le publie aussi dans la Revue du Tanka francophone, et voilà que Georges Voisset, pape du pantoun, toujours en train de fouiller sur le net, le découvre. Et m’écrit et m’invite à Paris où l’Association culturelle franco-indonésienne Pasar Malam fête la sortie de son livre consacré au pantoun, Le Chant à quatre mains, premier livre publié par la nouvelle Maison d’Editions de l’Association, la Collection du Banian. Ne pouvant me rendre à Paris j’envoie Francine à qui le Professeur de Littérature comparée Voisset dit : votre père a été le premier à faire une comparaison entre les deux genres poétiques tanka et pantoun. Pas mal pour un amateur comme moi ! Je biche (vieux mot de l’argot taupain des années 50 !). Alors même qu’un peu plus tard je me rends compte que j’ai tout faux. Ayant complètement ignoré tout un pan du domaine du tanka : l’érotisme. Le contemporain avec la formidable Yosano Akiko du début du XXème et l’ancien, le Manyô-shû du VIIIème siècle. Alors je divise le texte en deux, pantoun d’un côté et comparaison tanka-pantoun de l’autre, révisé, et les publie sur mon site Carnets.
(Quelques références pour ceux que cela pourrait intéresser :
François-René Daillie : Anciennes voix malaises, Fata Morgana, et La Lune et les Etoiles, Les Belles Lettres.
Georges Voisset : Histoire du genre pantoun, L’Harmattan, Pantouns malais, Orphée-La Différence et Le Chant à quatre mains, Collection du Banian.
Mes Carnets d’un dilettante : le pantoun malais, et le tanka japonais. Comparaison avec le pantoun malais).


Et puis je deviens membre de Pasar Malam. Et fais connaissance avec sa Présidente, Johanna Lederer. Une femme intelligente, cultivée et pleine d’autorité menant son Association, la Revue qu’elle publie, Le Banian, et sa nouvelle Maison d’Edition, avec beaucoup de dynamisme et de compétence. Originaire du nord des Célèbes, Manado, élevée en Hollande, mais résidant depuis longtemps en France, elle raconte même, avec beaucoup d’humour, les anciennes batailles pour le droit des femmes (MLF) auxquelles elle a encore participé, dans la préface à un numéro de la Revue consacré au droit des femmes en Indonésie (Sexe, pouvoir et nation) et que « le soir, après les réunions houleuses… nous les femmes rentrions coucher avec l’ennemi… ». Alors, je l’approche, avec l’espoir de pouvoir contribuer à la Revue, mais elle se méfie des amateurs. Ne veut pas faire de sa Revue une publication savante, mais, d’un autre côté, ne faisant confiance, à priori, qu’à des Universitaires. J’y arrive quand même grâce à Gabrielle Wittkop. J’avais déjà lu plusieurs livres d’elle, abasourdi par son style unique, ses images fulgurantes, choqué néanmoins par son attirance pour la mort, la cruauté, la décomposition, et puis de nouveau réconcilié avec elle après avoir lu ses Rajahs blancs, l’histoire de ce James Brooke qui s’était taillé un royaume par sa bravoure dans le nord de Bornéo, une histoire que je connaissais déjà grâce aux souvenirs d’un consul américain, Rounseville Wildman, mais que la Wittkop raconte avec un brio génial, tout en se tenant d’ailleurs à la stricte vérité historique (j’allais le vérifier plus tard en lisant ce qu’en dit l’historien Steven Runciman dans The white Rajahs, a history of Sarawak). Et puis voilà que la Wittkop publie ce qui sera son dernier livre, ses Carnets d’Asie où elle raconte ses voyages en Asie du Sud-est, de Thailande à Singapour et puis à travers l’Indonésie. Et j’arrive à en faire la relation pour Le Banian. En conservant d’ailleurs ses morceaux les plus succulents comme ces histoires de cannibales bataks qui faisaient des entailles dans la peau, zak, zak, et y mettaient du jus de citron avant de dévorer leur ennemi, ou celle du varan de Komodo de l’Île des Dragons qui avait entièrement dévoré le professeur chinois qui était venu d’Australie pour l’étudier.
(Références : Gabrielle Wittkop : Les Rajahs blancs et Carnets d’Asie, édit. Verticales.
Mon Bloc-notes : 2009 : Gabrielle Wittkop et 2011 : Gabrielle Wittkop, voyageuse).

 

Et puis, curieux, je vais sur le site d’une autre Association culturelle liée à l’Indonésie, la Deutsch-Indonesische Gesellschaft à Cologne. Et là je tombe sur la recension du livre d’un journaliste, grand connaisseur de l’Indonésie, Rüdiger Siebert (Deutsche Spuren in Indonesien) qui relate le parcours biographique de dix Allemands ayant vécu dans ce pays. Dont l’un d’eux porte un nom qui m’interpelle : Hans Overbeck. Et je me souviens d’avoir trouvé, il y a quelques années déjà, deux livres de lui chez un bouquiniste de Trèves, Insulinde I et Insulinde II. Alors, quand j’ai appris que c’était un simple commerçant hanséatique et qu’il était devenu un érudit par passion, érudit en littératures et cultures, tant malaises que javanaises, reconnu par ses pairs, je ne l’ai plus lâché. D’abord parce que l’idée me plaît : qu’un amateur puisse devenir un vrai expert, simplement grâce au travail, à l’intelligence et à l’empathie pour son sujet. Et ensuite, parce que, le connaissant de mieux en mieux, au fur et à mesure de mes découvertes, j’ai eu de la sympathie pour l’homme. Un homme réservé, modeste, qui ne manque pas d’un certain humour si on lit certaines de ses lettres, et, surtout, d’une très grande curiosité, et quelqu’un qui a beaucoup d’amour pour les populations locales. Et puis voilà que je trouve qu’il n’a pas seulement présenté au public allemand toute la littérature ancienne de Malaisie, la Chronique des Malais entre autres, les Contes du Peningpur Lara, le Conteur consolateur, aussi et ceux de ce pelanduk, le chevreuil-nain, aussi rusé que notre Renart, mais qu’il a également été le premier à traduire dans une langue européenne la grande épopée malaisienne, le Hang Tuah, et qu’il a fallu attendre le XXIème siècle avant que le poète malaisien Muhammad Haji Salleh le traduise en anglais ! Alors là, Johanna Lederer a accepté que je contribue à nouveau à sa Revue avec un article intitulé Hans Overbeck et la traduction du Hikayat Hang Tuah. Après tout ce Hang Tuah, le Seigneur Chance, l’amiral du Royaume de Malacca, s’il n’a chevauché que des navires et non des chevaux vaut bien d’autres grands combattants et vassaux de rois célèbres comme notre Bayard ou le pahlavan Rostam du Livre des Rois persan. Et puis je trouve, grâce au net, une bibliographie complète de tous les écrits de Hans Overbeck établie par le Professeur Ulrich Kratz de l’Université d’Oxford. Alors je m’attaque au net, cherche tout ce qui a été digitalisé, essaye de comprendre les nombreux textes en néerlandais et établis ainsi une bibliographie « commentée » pratiquement complète des travaux de Hans Overbeck. Travail de Titan (non, je me vante : disons travail de fourmi) et je mets tout cela en ligne sur mon site Voyage…
(Références : Voyage autour de ma Bibliothèque, Tome 5, O comme Overbeck, un commerçant hanséatique devenu érudit en littératures malaise et javanaise).

 

Avec Georges Voisset nous n’avons plus jamais cessé de correspondre, par l’intermédiaire du net, depuis ce jour-là. Et moi j’ai lu ce qu’il avait écrit d’autre encore, ses charmes et sortilèges, son grand livre de poésie de l’archipel malais avec le beau titre de Sonorités pour adoucir le souci, publié dans le cadre de la collection Unesco - Connaissance de l’Orient, un livre très érudit de littérature comparée alliant la Caraïbe où il a enseigné à l’Archipel malais proche de son cœur et un livre écrit à quatre mains avec son épouse sur la Malaisie. Et puis, un peu plus tard il a entrepris de publier en français ces fameux Contes du pelanduk, appelé kancil en javanais, et je lui ai donné des indications sur la version que Overbeck en a tirée. On est bien obligé de penser a à notre Roman de Renart, chercher les ressemblances. Moi cela m’interpelle. Et cela d’autant plus que j’avais découvert sur le net qu’un anthropologue, Fritz Graebner, qui avait été en captivité en compagnie de Overbeck, en Australie, pendant la première guerre mondiale, a trouvé de nombreuses analogies entre les aventures du pelanduk, que Overbeck lui avait racontées, et celles d’un héros des contes des Indiens Cora, l’opossum. Quand j’en ai parlé à Georges Voisset il m’a renvoyé sur les Invariants d’Etiemble. Ce qui ne règle pas la question. Oui, je sais, l’universalité de la nature humaine (j’en parle dans mon Bloc-notes : à propos des Invariants d’Etiemble, de toutes ces analogies en poésie, en contes, en mythes qui font l’unité du genre humain). En tout cas j’ai bien l’intention, un jour, de me repencher sur ce problème. J’ai acquis un gros bouquin analysant les différentes branches du cycle du Renart et leurs sources. Et j’ai trouvé celui d’un missionnaire, R. Cardon, qui raconte les histoires du « Chevrotain, Roi de la Forêt », dès 1933, et prend soin, après chaque conte de citer les analogies avec d’autres contes d’Asie du Sud (le Lapin du Cambodge, par exemple) et même d’Europe. Ce missionnaire a une sacrée érudition !
(Références : Georges Voisset : Le livre des charmes – Incantations malaises du temps passé, édit. Orphée-La Différence, Sonorités pour adoucir le souci – Poésie traditionnelle de l’archipel malais, Gallimard-collection de l’Orient, UNESCO, Les lèvres du monde, littérature comparée de la Caraïbe à l’Archipel malais, Les Perséides, Contes sauvages – les très curieuses histoires de Kancil le petit chevrotain, Les Perséides,
R. Cardon : Le Roman de Pelandok, Missions étrangères de Paris, Hong-Kong,
Lucien Foulet : Le Roman de Renard (mémoire présenté à l’Ecole Pratique de Hautes Etudes), édit. Honoré Champion,
Mon Bloc-notes 2012 : A propos des Invariants d’Etiemble).

 

En même temps, continuant à fréquenter Pasar Malam, je me suis intéressé de plus en plus à l’Indonésie, sa culture, son histoire. Lu Adrian Vickers, professeur à l’Université de Sydney pour les études sur l’Asie du Sud-Est, Clive J. Christie, spécialiste Asie du Sud-Est lui aussi, à l’Université de Hull en Angleterre, nos spécialistes français, l’historien Bernard Dorléans, décédé il y a deux ans, et Romain Bertrand spécialiste de l’histoire coloniale. Et puis je suis revenu à celui que les Indonésiens appellent familièrement Pram : Pramoedya Ananta Toer. J’avais déjà lu plusieurs de ses romans dont celui qui, à mon avis, est le meilleur, Le Fugitif. Et quand j’ai appris que Pram avait été emprisonné, après avoir été battu (Johanna Lederer me racontait que lorsqu’elle l’a interviewé bien plus tard, il était sourd d’une oreille, suite des coups reçus lors de son arrestation), avoir vu sa bibliothèque et toute sa documentation brûlées, été enfermé pendant 14 ans dans un camp situé sur une île appelée Buru et interdit d’écriture pendant une grande partie de son temps d’internement, et qu’il avait pendant toutes ces années raconté, pour les réconforter, des histoires à ses codétenus, dont celle d’un journaliste, Tirto, opposant politique du début du XXème siècle, et que cette histoire il l’a publiée plus tard, en quatre volumes, j’ai bien évidemment essayé de trouver le livre en question. Et puis je découvre que ce quatuor (connu sous le nom de Quatuor de Buru), a bien été traduit en allemand, anglais et néerlandais mais qu’aucun éditeur français n’avait eu le courage d’en publier une traduction française (si, le premier tome, lui, a été traduit, à partir de l’anglais !). Alors je me suis procuré la version anglaise et suis allé de découverte en découverte. D’abord j’ai déniché chez L’Harmattan à Paris un très intéressant livre d’Anton Aropp, Dissidence, qui retrace l’itinéraire de Pram et l’histoire de la chute de Soekarno et de l’instauration de « l’Ordre nouveau » de Suharto. Ensuite, comme le journaliste qui a servi de modèle au héros du livre, est incité à adopter la langue malaise au lieu du javanais qui est sa langue maternelle ou du hollandais qui est devenue sa langue de culture, j’ai bien été obligé de m’intéresser au problème des langues (et à l’adoption de la langue malaise comme langue nationale de l’Indonésie indépendante). Il est vrai que j’avais déjà une idée de la complexité de la langue javanaise et de ses trois niveaux, ayant dans ma bibliothèque le livre (les Chants de l’île à dormir debout) que la Française installée en Indonésie, Elizabeth D. Inandiak, avait tiré d’une œuvre époustouflante de deux cent mille vers, rédigée au début du XIXème siècle, le Livre de Centhini, et connaissant les difficultés qu’Elizabeth avait eues pour trouver des experts en javanais ancien. Puis, comme Minke, le héros du Quatuor de Buru, rencontre une Chinoise venue inciter les Chinois d’Indonésie à se joindre à la Révolution qui se prépare sur le continent et qu’elle fait partie d’une de ces sociétés secrètes chinoises dont l’Occident s’est fait une image essentiellement maffieuse alors qu’à l’origine elles étaient d’abord des associations patriotiques défendant les Hans contre la domination mandchoue et, plus tard, opposées à la domination étrangère, j’ai repris un livre qui traitait de ce sujet et qui se trouvait déjà dans ma bibliothèque (de Jean Chesneaux, Professeur d’Histoire de l’Extrême-Orient à la Sorbonne). Et comme la Chinoise apprend à Minke que les Philippines voisines se sont révoltées contre leurs oppresseurs espagnols (une véritable théocratie), j’ai repris un autre livre de ma bibliothèque (elle est riche), le magnifique Noli me tangere (N’y touchez pas !) du chantre de l’Indépendance philippine honteusement exécuté par les Espagnols, José Rizal, et sa biographie réalisée par deux Américains The Hero of the Filipinos (remarquez : les Américains ont sauvé la Révolution philippine en battant les Espagnols mais cela ne les a pas empêchés, eux, les grands anticolonialistes, de garder la main sur les Philippines jusqu’après la deuxième guerre mondiale). Ensuite le livre traitant, forcément, du système colonial hollandais, de l’utilisation des aristocrates locaux à leur profit mutuel, de la fameuse « agriculture forcée » instituée en 1830, j’ai été amené à m’intéresser à ce Hollandais rebelle, Edouard Douwes Dekker, qui a lancé cette bombe : Max Havelaar, sous le nom de Multatuli, un livre qui a eu, dit-on, la même importance que la Case de l’Oncle Tom, pour le réveil des consciences et le changement politique (ici le changement, tout relatif, de la politique coloniale des Hollandais dans leurs Indes Orientales). Enfin, le roman de Pram décrivant une rencontre fictive entre son héros, Minke, et une jeune féministe de l’époque, restée célèbre jusqu’à nos jours, en Indonésie, la fille Kartini, je me suis aussi intéressée à celle-ci (Lettres de Raden Adjeng Kartini). Et fait de toutes ces découvertes des digressions insérées dans mon texte sur le Quatuor de Buru que j’ai publié sur mon site Voyage.
(Références : Voyage autour de ma Bibliothèque, Tome 5, P comme Pramoedya. Le Quatuor de Buru de Pramoedya Ananta Toer.
Bloc-Notes 2011 : Une féministe indonésienne en 1900,
Pramoedya Ananta Toer : Le Fugitif, Plon, Gadis Pantai, la fille du rivage, Gallimard, Corruption, Philippe Picquier, La vie n’est pas une foire nocturne, Gallimard, The Buru Quartet (This Earth of Mankind, Child of all Nations, Footsteps, House of Glass), Penguin Books,
Elizabeth D. Inandiak : Les Chants à dormir debout – Le Livre de Centhini, Les Editions du Relié,
Adrian Vickers : A History of modern Indonesia, édit. Cambridge University Press,
Bertrand Dorléans : Les Français de l’Indonésie du XVIème au XXème siècle, édit. Kailash,
Romain Bertrand : Etat colonial, noblesse et nationalisme à Java, édit. Karthala et L’Histoire à parts égales, Récits d’une rencontre Orient-Occident, Seuil,
Anton Aropp : Dissidence – Pramoedya Ananta Toer – itinéraire d’un écrivain révolutionnaire d’Indonésie, Kailash,
Multituli : Max Havelaar ou les ventes de café de la Compagnie commerciale des Pays-Bas, édit. Babel-Actes Sud,
Jean Chesneaux : Secret Societies in China in the 19th and 20th Centuries, Heinemann,
José Rizal : N’y touchez pas !, Gallimard, collection Connaissance de l’Orient, UNESCO,
Charles Edward Russell and E. B. Rodriguez : The Hero of the Filipinos, the Story of José Rizal, poet, patriot and martyr, édit. George, Allen and Unwin,
Louis Charles Damais : Lettres de Raden Adjeng Kartini – Java en 1900, Ecole française d’Extrême-Orient.)

 

Il y a bien d’autres sujets qui m’intéressent encore et que je n’ai pas eu le temps de traiter. Et d’abord le Théâtre d’ombres, le wayang kulit d’Indonésie. Comme j’avais étudié la vie et l’œuvre de Robert van Gulik, diplomate, auteur des énigmes policières du juge Ti et, surtout, grand érudit (en études chinoises), je savais qu’il avait passé son enfance en Indonésie (son père était médecin militaire), qu’un sergent indigène l’avait initié au wayang kulit et emmené dans les villages assister à des représentations, et qu’il avait composé à l’âge de 11 ans déjà (il était précoce) une grande étude sur ce théâtre dit d’ombres, sa représentation, ses thèmes, ses poupées, etc., je me suis demandé s’il n’avait pas publié d’autres études sur ce sujet plus tard (surtout qu’on raconte que, quand il était Ambassadeur de Hollande en Malaisie, il s’entretenait souvent avec le Sultan d’histoires de wayang). Alors j’ai cherché et j’ai trouvé sur le net. Une série de six articles qu’il avait écrits en 1931/32 pour la Revue culturelle hollandaise Elsevier’s Maandschrift intitulée Oostersche Schimmen (Ombres orientales). Robert van Gulik ne se contente d’ailleurs pas d’évoquer le wayang kulit indonésien mais fait un tour du monde de ce type de théâtre depuis le Proche et Moyen-Orient jusqu’en Chine. Comme mes connaissances en langue néerlandaise étaient notoirement insuffisantes j’ai demandé à un traducteur professionnel de la Commission européenne, habitant Luxembourg, de m’aider à traduire l’essentiel de l’article consacré au théâtre d’ombres indonésien. L’idée était d’en faire un article pour la Revue de Pasar Malam, Le Banian. Et puis je n’ai pas osé. Parce que van Gulik y défendait violemment la thèse selon laquelle le wayang kulit est d’origine locale et non importé d’Inde ou de Chine. Il existe effectivement plusieurs théories à ce sujet comme l’explique Emmanuelle Halki, membre de Pasar Malam, et qui a soutenu une thèse à la Sorbonne sur le wayang kulit à Bali, que l’on peut trouver sur le net. Les spécialistes seraient partagés, dit-elle, entre plusieurs thèses : origine indienne (la plus crédible à cause des thèmes), origine locale (défendue par certains chercheurs comme Rassers sur qui van Gulik semble s’être appuyé), origine chinoise (on pensait la Chine à l’origine du théâtre d’ombres européen) ou origine indo-européenne (thèse récente, il serait lié aux migrations indo-européennes). Etant bien sûr incapable de décider par moi-même de la valeur respective de ces différentes théories j’ai renoncé à l’article projeté. Tout en continuant à essayer de me faire une idée par d’autres lectures, comme l’excellent Théâtre d’ombres à Kelantan (Kelantan est un Etat de la Fédération de Malaisie située à la frontière de la Thaïlande) de l’ethnologue Jeanne Cuisinier ou la grande étude de Rassers : Panji, The culturel Hero (Panji est le sujet local du théâtre wayang, les autres étant essentiellement les grandes épopées indiennes). Mais n’ai jamais réussi à trouver un livre qui traite du théâtre d’ombre dans son ensemble. Et puis, en juin 2013, on a pu assister pour la première fois à une représentation de wayang kulit à Jogjakarta, la capitale culturelle de l’Indonésie. Très émouvante. Et cela m’a donné l’envie d’y revenir, au wayang kulit…
(Références : Voyage autour de ma Bibliothèque, Tome 4 : Robert van Gulik,
Jeanne Cuisinier : Le Théâtre d’ombres à Kelantan, Gallimard,
Dr. W. H. Rassers : Panji, the culturel Hero – a structural study of religion in Java, édit. Martinus Nijhoff, The Hague).
 
Et après Jogjakarta nous sommes allés à Bali. Où on a fait d’autres découvertes. Walter Spiess, le Hollandais Arie Smit, les différentes écoles de peinture balinaise, la danse aussi, le fameux kecak, etc. J’ai lu le  roman de Vicki Baum (Sang et volupté à Bali) qui raconte le fameux suicide collectif du dernier Rajah de Badung avec sa famille, ses nobles, ses serviteurs (le puputan de 1906). J’ai découvert le fameux Bali et ses innombrables photographies du Dr. Gregor Krause qui a fait rêver les Allemands en 1920. Et aussi un peu de littérature contemporaine,  Gde Aryantha Soethama (Ordeal by fire) qui nous montre que la vie du Balinais n’est pas aussi rose qu’il paraît (tourisme excessif, religion pas si simple, etc.) et Oka Rusmini (Earth Dance) que je connaissais déjà parce que Johanna Lederer avait accueilli l’une de ses nouvelles dans la Revue Le Banian et qui nous parle des problèmes de caste toujours présents à Bali. On retrouve tout ceci sur mon site Voyage.
(Références : Voyage autour de ma Bibliothèque, Tome 5, I comme Indonésie : Bali, Île bénie ou île salie ?)

 

Avant cela j’avais fait la connaissance, grâce à Georges Voisset, de deux Français installés en Malaisie, Jérôme Bouchaud et Serge Jardin, tous les deux d’anciens bourlingueurs et très littéraires. Jérôme est auteur, traducteur et, depuis peu, éditeur (éditions Jentayu). Il travaille pour les guides Olizane (il y a un très beau guide, entièrement écrit de sa main : Découverte Malaisie – Modernité et traditions en Asie du Sud-Est). Il a vécu en Chine (et appris le mandarin) avant de s’installer en Malaisie, à Langkawi. Il a créé un site culturel, Lettres de Malaisie, sur lequel il a commencé à lancer avec l’aide de Georges Voisset un projet de pantoun francophone qui s’est matérialisé par un journal, Pantouns, publié sur le site. J’y ai apporté ma modeste contribution (ainsi que Serge Jardin). Serge qui est, je crois, historien au départ, est déjà installé en Malaisie depuis 25 ans. Il a acquis et retapé une très ancienne maison traditionnelle chinoise dans la vieille ville de Malacca dont il a fait un gîte et qu’il a baptisée la Maison de l’Escargot. Lui aussi a publié des livres sur la Malaisie, le dernier, co-écrit avec Sylvie Gradeler, s’intitule Malaisie, un certain regard – Voyager autrement à travers l’artisanat, l’architecture, les beaux-arts et les littératures, livres qu’il édite d’ailleurs lui-même (éditions The Lemongrass, Malacca).
La première chose qui m’a frappé (interpellé même) sur le site Lettres de Malaisie, c’est une liste de livres que Serge avait établie (la fameuse liste de Serge Jardin) : plus de 300 ouvrages en français en lien avec la Malaisie (et la plupart de ces livres il les a chez lui, ce qui fait que les hôtes qu’il héberge doivent se régaler). On y trouve absolument de tout, de la BD à la grande littérature en passant par les livres de voyage, romans policiers, sciences humaines, etc. Je me suis, bien sûr, précipité dessus. Et commencé à acheter ce qui m’intéressait et que je ne connaissais pas. Même un roman policier de Jean Bruce qui évoquait une rébellion à dominante chinoise juste avant l’indépendance. Et puis je vois Salgari : les Pirates de la Malaisie ! Cet auteur de romans d’aventures prolifique à la Karl May, aussi connu en Italie que notre Jules Verne en France. Pas seulement en Italie, mais aussi en Espagne et en Amérique du Sud. Umberto Eco le célèbre, mais aussi Borges. Un auteur que je cherchais à lire depuis longtemps. Impossible de trouver les Pirates de la Malaisie, Serge m’avait prévenu (on peut éventuellement le télécharger du site Gallica de la Bibliothèque Nationale). Mais on trouve dans la collection Bouquins à côté du Corsaire noir une autre histoire malaise, Les Tigres de Mompracem. Que je dévore et dont je parle (ainsi que de son auteur, Salgari) sur mon site Bloc-notes. Et puis Serge m’apprend qu’il y a un Espagnol, assez anarchiste, et qui vit au Mexique, Paco Ignacio Taibo II, qui a écrit une suite (ou un pastiche) aux Tigres de Malaisie : Le retour des Tigres de Malaisie (plus anti-impérialistes que jamais). Je l’achète aussi (en ce moment c’est Annie qui a mis la main dessus). Ma note est intitulée : Salgari et Pierre Boulle. Car Pierre Boulle était l’autre écrivain que je retrouvais sur la liste et dont j’allais lire ou relire toute l’œuvre, aussi bien ses romans d’aventure que ses romans de science-fiction. J’avais lu comme tout le monde Le Pont de la rivière Kwai et La Planète des Singes. Je savais même qu’il avait été planteur parce que j’étais tombé un jour, par hasard, sur le récit de ses aventures de résistant (en anglais), quittant sa plantation, s’engageant auprès des Anglais, remontant vers la Chine depuis la Thaïlande, puis franchissant la frontière du Vietnam et, finalement, se faisant arrêter par les militaires pétainistes et passant le reste de la guerre dans un camp (My own River Kwai). Mais c’est Serge qui m’a appris qu’il avait travaillé dans le même groupe de plantations franco-belges que celui créé par Fauconnier et c’est lui qui m’a guidé au cours de mes lectures, m’incitant à acheter ses oeuvres tardives et surtout son émouvant livre de mémoire, celle de son enfance au bord du Rhône, L’Ilon (voir aussi, toujours dans mon Bloc-notes, Pierre Boulle, dernières œuvres). Et c’est encore Serge Jardin qui connaît toute l’histoire des plantations qui m’apprend qu’il y a un troisième Français, planteur et écrivain, qui a travaillé sur les mêmes plantations, Pierre Lainé, qui écrit sous le pseudonyme de Christian de Viancourt, grand opiomane et grand amateur de petites Chinoises et qui a fini sa vie sur une île de rêve quelque part en Mer de Chine (L’Oreiller de porcelaine). Tu te rends compte m’écrit Serge, trois Français, écrivains et planteurs sur une plantation française, la plus grande du pays, au beau milieu d’une colonie anglaise, et qui décrochent l’un le Goncourt, l’autre la timbale hollywoodienne ! Les Anglais n’ont rien réalisé de comparable. D’accord, Serge, mais ils ont quand même eu Conrad et Somerset Maugham, dont on trouve d’ailleurs les traductions françaises sur ta liste et que la Malaisie a pas mal inspirés ! En tout cas j’ai fait une note, là encore, sur mon Bloc-notes 2013 : Trois planteurs-écrivains.
(Références : Jérôme Bouchaud : Malaisie – Modernité et traditions en Asie du Sud-Est, édit. Olizane,
Serge Jardin et Sylvie Gradelet : Malaisie, un certain regard – Voyager autrement à travers l’artisanat, l’architecture, les beaux-arts et les littératures, édit The Lemongrass,
Emilio Salgari : Le Corsaire noir et autres romans exotiques, édit. Bouquins/Robert Laffont,
Paco Ignacio Taibo II : Le retour des Tigres de Malaisie – Plus anti-impérialistes que jamais, édit. Métailié,
Pierre Boulle : My own River Kwai, The Vanguard Press, La Planète des Singes et autres romans, Omnibus, Romans héroïques, Omnibus, Le malheur des uns…, Editions de Fallois, L’Ilon, Editions de Fallois,
Christian de Viancourt : L’oreiller de porcelaine, édit. You-Feng,
Mon Bloc-notes 2013 : Salgari et Pierre Boulle, Pierre Boulle, œuvres tardives et Trois planteurs-écrivains)

 

Et puis Jérôme Bouchaud m’ouvre son site. J’y publie des articles sur Overbeck (Hans Overbeck, devenu érudit en littératures malaise et javanaise) et sur Salgari (Emilio Salgari, le père de Sandokan). Et puis, comme on est engagé dans notre programme pantoun francophone j’y publie un article sur le pantoun dans Malaisie (Le pantoun dans Malaisie de Henri Fauconnier), un article que je reprends également sur mon site Voyage. Or il se trouve qu’un neveu de Roland Fauconnier, le fils de Henri, rencontre Jérôme Bouchaud en Malaisie et que celui-ci lui remet mon article. Alors Roland Fauconnier me contacte, je le rencontre et puis lui rend visite dans son appartement du VIIème arrondissement, où je découvre une pièce entièrement remplie d’archives familiales et où il me reçoit avec beaucoup de gentillesse, me fait cadeau d’un livre de lettres que Henri avait envoyées des tranchées à sa fiancée, puis épouse, Madeleine (Lettres à Madeleine, 1914-1919. Annie, le lisant, me dit : on voit déjà que c’est un vrai écrivain) et m’apprend qu’il est en train de faire publier un livre sur son père. Ayant également lu ma note sur les trois écrivains-planteurs il m’apporte quelques corrections et précisions et me donne l’adresse e-mail d’une chercheuse, Aurélia de Vauthaire, qui avait soutenu une thèse à l’Université de La Rochelle, intitulée : Les écrivains-planteurs français de caoutchouc en Malaisie. 1905-1957, thèse qu’elle m’envoie très aimablement. Ce qui m’apprend encore beaucoup d’autres faits concernant la plantation et le travail de Henri que j’ai repris dans une nouvelle note sur mon Bloc-notes : Planteurs-écrivains (suite). Et, enfin, voilà que le livre que Roland consacre à son père Henri paraît aux Editions du Pacifique (alors que Roland Fauconnier, en pleine forme physique et intellectuelle, fête ses 90 ans) : Henri Fauconnier, conquêtes et renoncements. Ce qui me permet, après avoir échangé à nouveau quelques mails de commentaires avec Roland, de publier une nouvelle note consacrée au portrait de Henri tel qu’il ressort du livre et intitulée Fauconnier par Fauconnier (Bloc-notes 2014).
(Références : Henri Fauconnier : Lettres à Madeleine, 1914-1919, Stock, Malaisie, Editions du Pacifique,
Roland Fauconnier : Henri Fauconnier, conquêtes et renoncements, Editions du Pacifique,
Voyage autour de ma Bibliothèque, Tome 5 : M comme Malaisie. Le pantoun dans Malaisie de Henri Fauconnier,
Mon Bloc-notes 2013 : Planteurs-écrivains (suite), Bloc-notes 2014 : Fauconnier par Fauconnier).

 

Le projet pantoun m’a fait faire d’autres découvertes encore. Et d’abord celle de ce poème que Georges Voisset avait déjà cité dans son Histoire du genre pantoun, les Chansons malaises de Yvan Goll, à cause des images que l’on y trouve et qui sont comme des réminiscences de poésie malaise. J’en ai fait une note publiée sur mon site Voyage (M comme Malaisie. Les Chansons malaises d’Yvan Goll) et que Jérôme a reprise sur le site de Lettres de Malaisie.
Et puis je me suis mis, un peu à la demande de Georges, à étudier ce qu’a pu être l’histoire du pantoun en Allemagne, chercher la trace de ceux que j’ai appelés les découvreurs allemands du pantoun. Le premier était, Georges en avait déjà parlé dans son Histoire du genre pantoun, le poète d’origine française Adelbert von Chamisso. Je me suis intéressé à lui, pas seulement à cause du pantoun, mais aussi à cause de ce fameux Nideck, la légende des Géants de mes Vosges natales, que récitait ma grand-mère. Et aussi parce que j’aime le poète et l’auteur du Schlehmil qui a vendu son ombre au diable. Voir la note que je lui ai consacrée sur mon site Voyage : Adelbert von Chamisso, le pantoun, la jeune Géante et l’homme qui a perdu son ombre. Et puis j’ai pris contact avec l’Association germano-indonésienne et commandé le numéro spécial de leur Revue Kita dédié au pantoun malais. Et trouvé qu’il y avait d’autres Allemands qui ont joué un rôle plus ou moins important pour faire connaître le pantoun en Allemagne. D’abord l’anthropologue et ethnologue Max Moszkowski qui a recueilli des pantouns à Sumatra lors de son expédition de 1907 et qui en parle dans un livre publié en 1909 (Auf neuen Wegen durch Sumatra) que j’ai pu acquérir grâce au net (et découvert qu’il s’agissait d’un affreux raciste). Ensuite le géologue suisse Hans Morgenthaler qui a parcouru pendant trois années le Sud-Est asiatique et a publié un livre en 1921 où l’on trouve quelques indications sur cette forme de poésie populaire malaise. J’ai trouvé le livre en question, digitalisé, sur le net (Matahari - Stimmungsbilder aus den malayisch-siamesischen Tropen) mais me suis vite rendu compte que si l’on y trouve quelques impressions personnelles assez poétiques, il n’apporte pas grand-chose à la connaissance du pantoun. Dans ce domaine Hans Overbeck est d’une toute autre importance. Enfin j’ai découvert un autre ethnologue allemand, Hans Nevermann, qui avait fait une expédition en Mélanésie au cours des années 1933-34, était Directeur des divisions Océanie, Inde et Asie du Sud-Est du Musée d’Ethnologie de Berlin et a publié après la guerre, en 1956, un livre extrêmement complet sur le pantoun intitulé Die Stimme des Wasserbüffels (La Voix du Buffle). Ce livre, aussi, j’ai pu l’acquérir grâce au net et en faire une analyse détaillée. Et je suis maintenant en train de compléter une note sur ce sujet dont le titre sera : Les découvreurs allemands du pantoun.
(Références : Ivan Goll : Chansons malaises, Editions Poésie et Cie,
Voyage autour de ma Bibliothèque, Tome 5 : M comme Malaisie. Les Chansons malaises d’Yvan Goll et C come Chamisso. Adelbert von Chamisso, le pantoun, la jeune Géante et l’Homme qui avait perdu son ombre,
Max Moszkowski : Auf neuen Wegen durch Sumatra, édit. Dietrich Reimer (Ernst Vohsen),
Dr. Hans Nevermann : Die Stimme des Wasserbüffels – Malaische Volkslieder, édit. Erich Röth Verlag)
 
Quant au projet Pantoun francophone, il suit son cours. Finalement une Association a été créée. Association du pantoun francophone - Pantun Sayang. Ils m’ont bombardé Vice-Président. Tout ce qu’il y a de plus honoraire ! Et Jérôme Bouchaud a créé un site dédié à l’Association et au pantoun francophone. On y trouve même un Forum. Et la Revue Pantouns y est publiée. Et un livre a été édité par la nouvelle Maison d’Edition de Jérôme, reprenant les meilleurs des pantouns publiés par la Revue depuis deux ans. Ce livre c’est Une Poignée de Pierreries, collection de pantouns francophones, poèmes présentés par Jérôme Bouchaud et Georges Voisset, édition Jentayu.  Quant au site, il a pour adresse : http//pantun-sayang-afp.fr .

 

Voilà. Vous savez tout sur ma folie malaise. Combien de temps va-t-elle encore durer ? Quand arriverai-je à m’en débarrasser ? Qui va me libérer de ma folie malaise ?



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