08/04/2014     (imprimer)

Brèves de politique

J’ai toujours détesté tout ce qui est SMS, Microblogs, Twitter, etc. tout ce qui marque notre monde moderne et superficiel de communication, estimant que rien d’intelligent ne pouvait être dit en 140 caractères (ou encore moins). Mais j’ai peut-être tort. Essayons.

 

Les charges qui pèsent sur les salaires sont appelées charges patronales en France. Les diminuer, c’est donc faire un cadeau aux patrons, dit la Gauche.

 

Diminuer les charges pour les transférer où ? Sur l’impôt ? Quelle horreur, dit la Droite.

 

Les charges dites patronales sont de 50% en France, de 20% en Allemagne, de 17% en Grande Bretagne, de 15% aux Pays-Bas, de 1% au Danemark. Le chômage est un problème en France depuis 30 ans. Augmenter le coût du travail c’est combattre le chômage. Les Français sont logiques. Puisque Descartes est français.

 

Vous voyez : j’ai déjà été obligé d’utiliser deux brèves et une un peu longue pour éclairer mon propos. Mais continuons.

 

Quand j’ai commencé à diriger une entreprise il y un peu plus de 40 ans, l’impôt sur les bénéfices des sociétés était un peu partout de l’ordre de 50%. Aujourd’hui il est plutôt de l’ordre de 30%. D’ici 40 ans il sera nul.

 

Dans Le Monde daté du 2 avril (et non du 1er) l’économiste Daniel Cohen préconise comme nouvelle politique économique pour la France de diminuer l’impôt sur les sociétés. Le ramener à 22%. Cohen est réputé d’être plutôt de gauche. Diminuer l’impôt sur les sociétés n’est donc pas faire un cadeau aux patrons.

 

L’impôt sur les bénéfices, dit-on, empêche le développement de l’investissement. Quand j’ai proposé à mon premier patron d’augmenter mes effectifs en BE et dans l’Export, il m’a dit : allez-y. De toute façon l’Etat paye la moitié. Voulant dire par là : cela va diminuer mon bénéfice mais l’Etat m’en aurait de toute façon pris 50%.

 

Vous voyez comme j’ai déjà été obligé de rallonger ma brève pour mieux vous expliquer. Mais je crois que je comprends : les brèves sont faites pour ceux qui comprennent vite !

 

Quand un Socialiste se dit Social-Démocrate, c’est louche. Cela doit être un traitre. D’ailleurs le mot démocrate en lui-même est louche. Qu’est-ce que vous dites ? On n’est plus à l’époque de la Dictature du Prolétariat ? Ah bon.

 

Rocard disait que ceux qui le traitaient de socialiste de droite n’avaient jamais rien fait. Ses maîtres étaient les Sociaux-Démocrates scandinaves. Oui, mais les autres restaient purs. Pouvaient faire rêver. C’est peut-être pour cela que Mitterand ne l’aimait guère.

 

Jack London ne croyait guère à la démocratie. Trop faible pour s’opposer à la ploutocratie. Il signait : Yours for the Revolution. Mais à son époque il y avait encore des ouvriers pour la faire, la Révolution. Aujourd’hui il n’y en a presque plus. Et ceux qui restent votent FN.

 

Bon, je crois que pour une première expérience en Brèves, je vais en rester là.

 

 



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