11/01/2013     (imprimer)

Tardi, le Stalag et la rosette

Tardi vient de refuser la Légion d’Honneur et je trouve qu’il a eu raison car je viens de lire son magistral Moi, René Tardi, Prisonnier de Guerre au Stalag IIB. Et il ne fait, avec ce refus, que prolonger la formidable colère qui n’a plus jamais quitté son père jusqu’à ce qu’il meure, colère d’avoir perdu une guerre en quelques semaines, de la manière la plus honteuse possible, et, ensuite, d’avoir dû végéter dans un camp, dans des conditions d’hygiène et de promiscuité épouvantables et une faim constante, une faim de tous les instants, humiliante et dégradante, et ceci pendant 56 mois ou, ce qui est plus parlant encore : 4 années et huit mois !
Moi j’aime beaucoup Tardi, même si son dessin est souvent bien noir. La grande guerre l’avait déjà beaucoup fasciné (peut-être à cause de ce que son père a vécu à la deuxième ou peut-être à cause des souvenirs d’un grand-père rescapé des tranchées). Je n’ai pas lu les BD qu’il leur a consacrées mais j’ai beaucoup aimé ses illustrations du Voyage au bout de la nuit : elles collaient parfaitement au texte de Céline. L’anarchiste de gauche qu’est Tardi se trouvait en parfaite harmonie avec l’anarchiste de droite qu’était Céline quand il a écrit ses deux plus grands romans. J’ai aussi beaucoup apprécié ses BD qui reprennent les histoires de Nestor Burma de cet autre anarchiste qu’était Léo Malet et où l’on retrouve d’ailleurs à un moment donné – est-ce dans Brouillard au pont de Tolbiac ? – un piou-piou de la guerre de 14, il me semble. Et j’ai suivi avec beaucoup de plaisir les aventures, au dessin un peu baroque, un peu gothique, d’Adèle Blanc-Sec.
Si le refus de la rosette de Tardi me semble logique c’est que c’est en même temps une rebuffade donnée aux élites de la nation. Car ce sont ces mêmes élites, politiciennes et surtout militaires, si friandes de tous ces rubans qui décorent leurs uniformes ou les revers de leurs vestons, qui ont perdu la guerre de 40, perdu la guerre et l’honneur, et, en plus, ont, de la façon la plus ignominieuse, collaboré avec l’ennemi et adopté ses valeurs.  Ce ne sont pas les soldats, les citoyens ordinaires qui l’ont perdue, la guerre de 40. Il n’y a eu de débandade nulle part. C’est pourtant ce qu’ils ont dit, Pétain et ceux de son milieu : ils n’avaient plus envie de se battre, cette défaite est une chance pour la France, ce pays de dégénérés, d’athées, de communistes, de francs-maçons, de juifs, de pourris, de démocrates, on va le régénérer (je simplifie). Or ce sont bien leurs chefs qui en étaient les responsables de la guerre perdue. J’en parle dans mes Trente honteuses, du livre de l’historien Marc Bloch, écrit dans la foulée en 1940 (L’étrange défaite, édité par Gallimard en 1990) et de l’autre étude, extrêmement fouillée et documentée, de l’Américain Ernest May (The strange victory – Hitler’s conquest of France, édit. Hill & Wang, N.-Y., 2000) qui montre bien qu’on avait tout pour réussir et que les avions et chars des forces françaises et anglaises étaient même supérieurs en nombre et en qualité à ceux des Allemands. Mais comment expliquer qu’on arrête la ligne Maginot à la hauteur du Luxembourg et de la Belgique (parce qu’elle est neutre ? ou parce que, comme l’aurait dit Pétain, les Ardennes constituaient un rempart naturel ?) et qu’on place en face du Grand-Duché un régiment à cheval ? Comment expliquer le foutoir de l’organisation de l’Etat-Major et la stérilité totale du renseignement (bonne collecte mais exploitation nulle) mise en relief par May ? Comment expliquer qu’une fois la percée allemande réussie on n’ait pas reculé d’importance pour reformer une ligne de défense en profondeur ? Comment expliquer la non-utilisation de nos chars et de nos avions ? S’il y avait manque de moral, avec ou sans e final, ne faut-il pas le chercher chez nos officiers de carrière ? Comment est-il possible, comme je le raconte ailleurs, que dans la villa où nous étions réfugiés en 40, à Raon-sur-Plaine, ma mère se levant la nuit, voit les officiers logés chez nous, mettre en caisses les objets, assiettes, argenterie etc. volés dans les maisons alsaciennes ? Et pourquoi mon père, Maréchal des Logis, a-t-il dû ramener sa troupe jusqu’à l’autre bout de la France, à Rocamadour, et n’apercevoir pendant tout ce trajet pas un seul officier ?
Quant à Pétain qui a, dès son arrivée au pouvoir, sans perdre une minute, publié les premières lois anti-juives sans que les Allemands ne lui demandent rien (voir ma note au Tome 1 de mon Voyage, intitulée : Antisémitisme et identité juive. Pétain est nommé le 10 juillet, ses décrets anti-juifs datent de juillet, août, septembre, octobre 1940), qu’a-t-il obtenu en échange de sa collaboration avec l’ennemi ? Strictement rien. Je suis en train de lire la dernière histoire de la Milice qui vient de sortir (Gérard Chauvy : Histoire sombre de la Milice, édit. Ixelles, 2012). Bien sombre en effet. Même si le journaliste et historien Chauvy semble épargner un peu Pétain, un Pétain dépassé et mis au placard par Laval. Il n’empêche qu’il a tout couvert jusqu’à la fin : la coopération totale avec Berlin, le souhait de voir Hitler gagner la guerre, l’autorisation donnée aux Français d’entrer dans les SS : quand on pense que un million six cent mille Français croupissent et crèvent de faim dans les camps de prisonniers de guerre et que d’autres Français vont s’engager aux côtés de leurs geôliers pour combattre sur le front russe, d’abord sous l’uniforme des LVF, puis sous l’uniforme SS aux runes sataniques (division Charlemagne, etc.) ! Si Pétain, d’après Chauvy, a regretté la tournure criminelle qu’a pris la Milice, il n’a rien fait pour empêcher Laval de nommer son chef, Joseph Darnand, Secrétaire général du Maintien de l’ordre, lui donnant mainmise, en plus de sa Milice, sur la Police, les Gendarmes, les Pompiers, les Renseignements généraux et les Prisons ! Et, grâce à la fameuse autorisation pétainiste donnée aux Français d’entrer dans la SS, Darnand y est entré à son tour, jurant fidélité au Führer et faisant ainsi, d’une certaine manière, de la Milice une Division SS intérieure, tournée contre les Français de France, ceux des maquis et tous ceux qui n’avaient aucune envie de collaborer avec ceux qui les avaient envahis et qu’à bon droit, ils considéraient comme leurs vrais ennemis. Mais de toute façon Pétain n’a rien fait non plus contre le Travail obligatoire des jeunes Français en Allemagne, comme il n’a pas réagi contre l’incorporation de force des Alsaciens dans la Wehrmacht et, plus tard, dans les SS. Et comme il n’a rien fait pour obtenir le retour en France des 1600000 Prisonniers de guerre. Et qu’on ne dise pas : oui, mais il ne pouvait rien faire ! D’accord, mais alors, pourquoi ne pas démissionner ? Qu’est-ce qu’ils auraient fait les Allemands ? Traiter nos populations civiles comme ils ont traité celles des pays slaves ? Comment ? Toute la France serait entrée en résistance. N’a-t-on pas souvent dit que la rafle du Vél’ d’Hiv, et d’une manière générale la traque des Juifs en France, aurait été impossible sans la coopération de la Police française ? Je viens de parcourir la passionnante étude que Hannah Arendt a consacrée au Procès d’Eichmann (Hannah Arendt : Eichmann à Jérusalem – rapport sur la banalité du mal, édit. Gallimard, 1966) et j’y reviendrai encore : elle y raconte que lorsque les Allemands ont voulu imposer le port de l’étoile jaune pour les Juifs du Danemark, le Gouvernement qui était resté en place, a prévenu le responsable nazi local que, dans ce cas le Roi lui-même irait se promener dans la rue avec l’étoile jaune agrafée à sa poitrine. Et les Allemands ont reculé. Et tous les juifs du Danemark ont été sauvés. A la dernière minute ce sont les pêcheurs qui les ont transportés en Suède ! (je ne me lasserai jamais de citer le Hongrois Istvan Bibo : « L’humanisme, la compassion et le courage ne sont pas des qualités inhérentes à l’individu et isolées de leur contexte mais dépendent en grande partie de leur contexte... Mais pour que ces qualités s’épanouissent, le concours de la communauté est indispensable : il s’agit de savoir si les personnes qui font autorité dans la communauté sauront faire valoir, face à la débandade et au désarroi, les principes de la dignité morale dans les organisations visibles et invisibles de la communauté ; si elles seront capables de communiquer, aux citoyens doués de courage physique et prêts à combattre, l’élan d’une passion hautement morale, et aux hésitants, aux timorés et aux velléitaires de bonne foi le sentiment qu’ils sont soutenus, approuvés et assurés de la solidarité de la communauté ». Voilà ce qui a manqué en ces sombres jours en Europe. Et parmi toutes ces « organisations visibles ou invisibles », il y a bien sûr les Eglises. Et au plus haut niveau en France on a continué à manquer d’élites courageuses et moralement dignes.
L’ouvrage de Tardi est vraiment exceptionnel. Un album de 188 pages. Un vrai travail d’historien. Basé sur le témoignage unique de son père, témoignage mis par écrit et illustré de croquis (il faut croire que son père, aussi, savait dessiner). Mais basé aussi sur la recherche d’archives. Et toute la famille s’y est mise. Dominique, sa femme, dont le père Jean Grange avait été prisonnier, lui aussi, près de 4 ans dans un Stalag (V B) situé en Forêt Noire, en a écrit l’une des deux préfaces et a fait une recherche de photographies d’archives. Son fils Oscar a effectué des recherches de documentation lui aussi et sa fille, Rachel, a colorié, en sombre, les dessins de Tardi. Le père de Tardi, René, était emprisonné dans un Stalag (le II B) situé en Poméranie. Les trois cahiers d’écolier qu’il a remplis sur la demande de son fils, l’ont été dans les années 80, c. à d. près de 40 ans plus tard. Mais il faut croire que le souvenir de ces années-là l’ont marqué à jamais et que la description en a été aussi précise et réaliste que possible. Bien sûr il reste toujours quelques questions auxquelles on n’a plus la réponse dit Tardi, et comme nous tous quand nous voudrions revenir sur certains points du passé et que ceux qui auraient pu y répondre ne sont plus là, il regrette amèrement « de ne pas lui avoir posé certaines questions alors qu’il en était encore temps… ».
Ils étaient partis à la guerre en septembre 1939, « vaincus en 1940, encerclés, capturés, parqués dans les champs avec des milliers d’autres, puis déportés en territoire ennemi dans des wagons à bestiaux, jusqu’aux camps de prisonniers », écrit Dominique Grange, la femme de Tardi. Un million huit cent trente mille soldats ont été faits prisonniers, un million six cents mille d’entre eux ont été envoyés dans des camps, Stalags, Oflags pour les officiers, 120 camps disséminés dans toute l’Allemagne et la Pologne occupée, et ils y sont restés jusqu’à la fin de la guerre. Qui sait cela aujourd’hui ? Qui sait la vie qu’ils ont menée pendant toutes ces années ? Qui sait, comme le dit Dominique Grange, que le régime de Vichy, tout à sa honteuse collaboration, « les laissa otages aux mains de l’ennemi, main d’œuvre de substitution enrôlée dans quelques 80000 kommandos de travail : exploitations agricoles, mines de charbon, usines métallurgiques, où beaucoup d’hommes perdirent la vie, épuisés par la faim et le travail forcé » ? René Tardi et Jean Grange étaient nés tous les deux en 1915, lors d’une permission, peut-on supposer, de leurs pères respectifs engagés dans la « première ». Ceux-ci en étaient revenus, « brisés en mille morceaux, hallucinés, leurs nuits hantées par l’horreur vécue quatre années durant, les images de carnage et les hurlements des agonisants à jamais incrustés dans leur mémoire », raconte encore Dominique Grange. Mais ils avaient été vainqueurs et n’avaient pas été prisonniers. Leurs fils avaient simplement subi l’humiliation. Et « l’obsession de la faim, le froid, la promiscuité, les rituels éprouvants de leur existence concentrationnaire – l’appel, la fouille, leurs tentatives avortées d’évasion, les brutalités… ». Et eux aussi ont perdu ces précieuses années de leur jeunesse, « jeunesse salopée », dit Dominique Grange. Mais, après leur retour, « il n’y eut pas d’espace de paroles » pour eux, dit-elle encore, « et leurs souffrances n’eurent pas droit de cité ». On découvrit d’autres souffrances, bien plus horribles encore, celles de ceux qui étaient revenus des camps de concentration, et celles de ceux qui étaient revenus de l’enfer, les camps de la mort. Mais ceux-là se sont tus eux aussi. Alors qu’ils auraient pu parler. Mais ils n’ont pas pu. Finalement les seuls qui ont accaparé la parole ce sont les résistants. Les vrais mais surtout les faux…
Il faut lire Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB. Pas seulement à cause du témoignage. Mais parce que le dessin comme les textes, tout est magistral. C’est Tardi au top. Mon vieux, dit-il quelque part, n’a jamais décoléré. Il avait la colère pendant tous ces longs mois dans le camp, mais, comme tous ces hommes qui n’ont jamais pu exprimer ce qu’ils ont vécu, il n’a, au fond, jamais décoléré. Alors cet ouvrage est en quelque sorte sa revanche. Et c’est plus encore : c’est la réconciliation entre le père et le fils (souvent représenté en conversation avec son père au milieu de la guerre et du camp). Car Tardi n’a jamais compris pourquoi son père s’était engagé. A 20 ans déjà. Dans les chars (non, lui dit son père : on dit dans les tanks !). Et Tardi lui en voulait pour cela. Alors, en racontant cette histoire, Tardi, en quelque sorte, a aussi fait amende honorable. Tardi, grâce à cet album, a fait la paix avec son « vieux ».
Post-scriptum : Il y a quelques jours (le 8 janvier 2013) Arte nous a présenté un documentaire sur Hindenburg. Un documentaire assez mal fait d’ailleurs, haché et un peu superficiel. Mais le portrait psychologique de Hindenburg et sa relation avec Hitler m’ont semblé justes. Et, tout de suite, j’ai été frappé par le parallélisme des destins de ces deux « Maréchaux », Pétain et Hindenburg. En ce sens que, d’abord, tous les deux ont joui d’un énorme prestige auprès de la population à cause de la victoire de Verdun pour l’un, de la victoire de Tannenberg pour l’autre, un prestige qu’ils ont su mettre en œuvre et encore développer une fois au pouvoir. Même si on a dit que le mérite de Verdun revient plutôt à ce boucher de Nivelle et qu’il est certain que la victoire de Tannenberg contre les Russes est entièrement due à la stratégie développée par l’adjoint de Hindenburg, Ludendorff. Mais pour le grand public les deux Maréchaux ont tout de suite été considérés comme les grands héros de la grande Guerre. Pétain apparaissait comme celui qui ne voulait pas verser le sang de ses soldats inutilement, un bon papa, « Sauveur moral » du pays après la défaite de 40, une image que la propagande de Vichy va propager avec talent. Hindenburg, lui aussi, apparaît comme un héros d’après-défaite, celle de 18, inventant le fameux « Dolchstoss », le coup de poignard dans le dos des révolutionnaires rouges. Et son image est immédiatement popularisée dans tout le pays, reproduit sur une multitude d’objets, et la ferveur qu’on lui témoigne va encore augmenter après son arrivée au pouvoir en 1925.
Ensuite parce qu’ils ont été mis en selle tous les deux non seulement par la droite mais aussi par le centre et une bonne partie de la gauche. Quand les deux Assemblées votent les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 par 569 voix contre 80, la grande majorité des élus de gauche votent dans le même sens (seuls 35 députés et sénateurs socialistes sur 200 votent contre). Si, au moment de la première élection au suffrage universel du Président de la République de Weimar en 1925 (après modification de la Constitution) la droite est allé chercher Hindenburg pour, déjà, contrer le candidat du Parti nazi au deuxième tour (en en faisant d’ailleurs le candidat unique de la droite et de l’extrême-droite), sept ans plus tard, on va lui demander de se représenter à nouveau au deuxième tour, alors qu’il a 84 ans, et cette fois-ci c’est toute la gauche sauf le communiste Thälmann qui le soutient officiellement, considérant qu’il est le seul rempart qui reste contre Hitler. Lui-même n’en a cure, bien évidemment.
Si leurs origines familiales étaient différentes (paysannerie pour l’un, hobereaux prussiens pour l’autre) ils étaient imprégnés tous les deux d’un esprit tout ce qu’il y a de plus conservateur, militaire, religieux (catho pour l’un, protestant pour l’autre), anti-républicain, anti-démocrate, en un mot, partisans de « l’ordre », d’un pouvoir fort. Pétain n’avait que du mépris pour la troisième République alors qu’il y a participé, comme Ministre de la Guerre entre autres. Et on peut supposer que Hindenburg n’avait pas beaucoup plus de considération pour cette République de Weimar dont il était le Président (je note en passant que cette pauvre République a fait une erreur monumentale en changeant la constitution pour décider de faire élire le Président au suffrage universel. S’ils n’avaient pas fait cette erreur, est-ce que Hitler serait arrivé au pouvoir ? Or nous avons fait la même erreur avec la 5ème République !).
Enfin tous les deux ont été directement responsables de l’instauration d’un régime fasciste criminel dans leurs pays respectifs. Pétain s’est rapidement montré antisémite avec ses lois anti-juives de 1940, il a signé toutes les autres lois de la même veine qui ont suivi, instauré un régime dit de « Révolution nationale », semblable à celui de son ami Franco (avec lequel il a combattu les rebelles du Riff marocain), créé la Légion française dont est sorti la Milice et, même s’il a fini par critiquer les crimes commis par cette organisation, si on croit ce qu’en dit Gérard Chauvy, cela ne l’a pas empêché de les couvrir. Quant à Hindenburg il est non seulement directement responsable de l’arrivée au pouvoir de Hitler (même si pendant un certain temps il s’est méfié de ce « caporal bohémien » ou « caporal autrichien ») mais a même couvert les premières lois anti-juives de Hitler et l’assassinat de masse, illégal, des chefs de la SA qui gênaient le futur Führer. Et en septembre 1934 Hindenburg meurt et laisse le champ libre à la folie furieuse hitlérienne.
Post-scriptum 2 : Aujourd’hui (11 janvier 2013) je lis dans le Monde que quelqu’un d’autre a refusé la Légion d’Honneur : la fille de ce pied noir, mathématicien et communiste, Maurice Audin, co-détenu avec Henri Alleg et torturé à mort par l’Armée française lors de la guerre d’Algérie. Et dont on n’a jamais retrouvé le corps. Sa fille, grande figure des Mathématiques françaises, vient d’écrire un livre en hommage à son père. C’était Sarkozy qui voulait lui décerner cette décoration en décembre 2008, alors qu’en juin 2007 sa mère, la femme de Maurice Audin, avait écrit à Sarkozy pour lui demander qu’on ouvre enfin les archives de la République afin d’obtenir des détails sur la fin de son mari, mais le Président n’avait pas jugé utile de lui répondre. Encore un refus de rosette bien compréhensible.    



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