26/04/2008     (imprimer)

Identité israélienne

Il y a environ un mois s’était tenue une table ronde sur France 3 réunissant plusieurs intellectuels israéliens, probablement à l’occasion du Salon du Livre, puisque Israël était l’invité d’honneur cette année, une table ronde dont le thème de discussion, pour une fois, n’était pas le conflit avec les Palestiniens, mais l’identité israélienne elle-même. Il y avait là Avraham Burg, l’ancien Président de la Knesset, l’historien Shlomo Sand, une femme dont je n’ai pas retenu le nom, journaliste ou écrivain, et qui affirmait qu’un citoyen non-juif ne pouvait se marier en Israël, seul le mariage religieux y étant reconnu, un ancien militaire aussi et un Français émigré en Israël, pour cause d’antisémitisme, dit-il. Burg qui était le seul à porter la kippa m’a beaucoup impressionné. Il me paraissait être un homme de cœur et un humaniste et qui semblait porter un regard nouveau sur l’avenir d’Israël. Certains des participants le lui reprochaient d’ailleurs, ne comprenant pas comment quelqu’un qui n’avait pas seulement été Président de la Knesset mais aussi Président de l’Agence juive et du Mouvement sioniste mondial et Vice-président du Congrès juif mondial, pouvait exprimer de telles idées : il faut qu’Israël cesse de définir son identité presque exclusivement par rapport à la Shoah, il faut combattre les conceptions ethniques et nationalistes des extrémistes religieux, cesser de promouvoir le militarisme et de percevoir tous les voisins d’Israël comme de nouveaux Hitler.

Personnellement j’ai trouvé cette table ronde extrêmement intéressante et encourageante. Encourageante parce que cela fait un certain temps que je suis devenu très critique de la politique officielle du gouvernement israélien, trouvant que le plus fort, c. à d. Israël porte plus de responsabilité que le plus faible, c. à d. les Palestiniens, dans l’échec d’Oslo, que la politique de colonisation est suicidaire et que les partisans du Grand Israël sont au moins aussi condamnables que le Hamas qui ne veut pas reconnaître l’existence d’Israël.

Alors j’ai acheté le dernier ouvrage d’Avraham Burg : Vaincre Hitler, Pour un judaïsme plus humaniste et universaliste (édit. Fayard, 2007) ainsi que le livre d’un autre participant à cette table ronde, Shlomo Sand : Les mots et la terre – Les intellectuels en Israël (Fayard, 2006).

Burg consacre une grande partie de son livre à son enfance, à ses parents, à son père surtout, et aux juifs « allemands ». Son père avait émigré en Israël avant la guerre et avait conservé une mentalité d’«Allemand». On a l’impression que Burg, arrivé à un certain stade de ses réflexions et prêt à émettre des critiques qui – il le sait – risquent de choquer, même de blesser nombre de ses compatriotes, cherche à se mettre en harmonie, au-delà de la mort, avec son père. Un père qui était un homme d’une haute moralité, mais qui était aussi ministre et dirigeant du Parti national religieux.

Burg, en évoquant les problèmes théologiques que pose la Shoah, cite le philosophe-théologien Hans Jonas dont j’avais déjà entendu parler (il se trouve que lorsque je m’ennuie le dimanche matin je regarde quelquefois l’émission religieuse israélite, toujours très intellectuelle, et je me souviens qu’un jour les hypothèses de ce Jonas y ont été discutées). Le court essai de Hans Jonas (Le Concept de Dieu après Auschwitz, une voix juive, édit. Payot et Rivages, 1994) est plutôt mal traduit. J’aurais mieux fait d’acheter l’édition originale allemande (Der Gottesbegriff nach Auschwitz, eine jüdische Stimme, édit. Suhrkamp, Francfort, 1984). Jonas qui était fils d’un industriel juif et d’une mère issue d’une famille de rabbins, a commencé à être sioniste, a émigré en Palestine en 1930, où il a d’abord été militaire, avant de poursuivre une carrière universitaire aux Etats-Unis. Sa théorie peut se résumer ainsi : d’après la théologie juive Dieu est absolument bon, absolument tout-puissant et complètement intelligible. Après Auschwitz (la mère de Jonas y a été déportée) il faut reconsidérer cette théologie. Deux des éléments (bonté et intelligibilité) éliminent le 3ème (la toute-puissance). S’il est intelligible et bon il ne peut être tout-puissant. N’étant pas théologien (et étant athée en plus) j’ai du mal à suivre ces raisonnements. D’autant plus que je crois me souvenir que lorsque Job a finalement osé protester et poser la question du pourquoi de ses souffrances à Dieu, celui-ci lui a répondu à peu près ceci : Qui es-tu pour me poser cette question ? Etais-tu là quand j’ai créé l’univers ? Ce qui tendrait plutôt à prouver que c’est l’intelligibilité qui manque. De toute façon aucune religion monothéiste n’est capable de résoudre le problème du Mal. Seul Zoroastre l’a résolu en y introduisant une certaine part de manichéisme. Les religions strictement monothéistes répondent toujours de la même manière : il fallait laisser le libre arbitre à l’Homme. D’ailleurs c’est ce que répond le professeur Ephraïm Meir à Burg : «A Auschwitz il n’y a pas eu d’intervention de Dieu. Seulement un grand silence... Dieu a renoncé à sa toute-puissance pour que l’Homme puisse exister sous toutes ses formes».

Mais l’idée fondamentale défendue par Burg est que la Shoah a complètement imprégné la vie et la façon de penser en Israël. Et ceci essentiellement depuis le procès d’Eichmann. Elle est devenue le socle de l’éducation (voyage systématique en Pologne, épreuve obligatoire au bac). Tout invité officiel doit se rendre au Mémorial, le Yad Vashem. Célébration exagérée de la révolte du ghetto de Varsovie, reprochant implicitement aux victimes de s’être laisser égorger, ce qui permet de glorifier l’esprit militaire (Burg mentionne d’ailleurs le fameux Marek Edelman, - le Monde vient d’en parler dans son numéro du 19/20 avril – dernier chef vivant de cette insurrection, ancien du Bund, organisation socialiste anti-sioniste, et qui déteste Israël et les commémorations. C’était une révolte désespérée, avait-il dit. Nous savions que nous allions mourir. Nous n’avions plus que le choix de la façon de finir). La présence obsédante de la Shoah dans les médias, la littérature, les arts, l’éducation et la politique a d’innombrables répercussions souterraines, dit Burg. Et d’abord sur «la conception israélienne de la sécurité et  de la force, les peurs et les paranoïas, les obsessions et les craintes perpétuelles…» «Elle mine les relations entre juifs et arabes», dit-il encore, «entre laïcs et religieux, et agit sur l’ensemble des liens communautaires…» Et pour finir : «L’ombre de Hitler nous poursuit encore, soixante ans après son suicide dans son bunker».

Conclusion : il faut tuer Hitler une fois pour toutes et repenser notre identité.

Et puis Burg s’attaque aux fondamentalistes et à l’extrême droite religieuse. «L’énonciation obsessionnelle de ce qui est permis et de ce qui est interdit a complètement obstrué le flux naturel du discours religieux au sein du peuple juif. Elle a transformé la religion moderne en une entité de robots vivant dans la crainte des interdits et ayant perdu le lien entre la signification de leur croyance et leurs pratiques religieuses qui les isolent des autres… La nouvelle théologie, et notamment la théologie juive, doit en finir avec les vieilles croyances et faire de la foi en l’homme un des fondements de sa tradition, de ses coutumes et du dialogue entre croyants de tous bords prêts à se battre pour empêcher les bains de sang et les meurtres au nom d’une religion indifférente ou d’une humanité arrogante…» Conclusion : le fondamentalisme est un danger pour toutes les religions.

Mais c’est à ceux qui développent une nouvelle doctrine raciale, une doctrine raciale juive, qu’il s’oppose avec le plus de violence. Il parle du rabbin Isaac Ginsberg, «un des artisans les plus influents du radicalisme religieux». Et il cite certains de ses écrits tout à fait racistes et qui font effectivement froid dans le dos. Et on revient toujours à Eretz Israël, (c. à d. le grand Israël, Cisjordanie et Gaza compris) qui est terre de vocation, la terre des fils d’Israël, où seuls ont le droit d’habiter ceux qui ont choisi d’être le peuple de Dieu et de suivre ses préceptes. Il cite un autre rabbin qui justifie le tsunami et le désastre de la Nouvelle Orléans par le fait qu’ils n’ont pas de Dieu et n’étudient pas la Torah. Une autre de ses cibles est la mouvance Habad. Il raconte que l’assassin de Hébron, Baruch Goldstein (assassinat à l'arme automatique de je ne sais plus combien de Palestiniens en prière dans je ne sais plus quel tombeau sacré), avait accroché à sa porte une affiche annonçant la venue du dernier rabbin de Loubavitch (mouvance Habad poussée à l’extrême) qui avait laissé proclamer qu’il était le nouveau Messie. Je suis d’ailleurs très déçu par le fait que Burg ne parle pas un seul instant de Rabin. C’est quand même lui qui a eu le courage de signer les accords d’Oslo et c’est après son assassinat que tout est allé de travers, comme si l’on voulait donner raison à ses assassins. C’est Shlomo Sand (voir plus loin) qui mentionne ce crime et qui nous apprend que l’assassin de Rabin, Yigal Amir, était étudiant en droit à l’Université de Bar-Ilan, Université très liée au parti religieux-national. Mais laissons cela. Ce n’est pas à nous mais aux Israéliens eux-mêmes à faire le ménage dans leur maison.

Je voudrais pour finir revenir encore une fois à la Shoah. La nature tellement exceptionnelle de ce génocide nous oblige tous à en cultiver la mémoire collective. Et d’abord nous Européens puisque c’est au milieu de notre Europe civilisée du 20ème siècle que cette horreur inimaginable a pu être perpétrée. Et je dirais même que cela concerne toute l’humanité puisque finalement ce sont des hommes qui ont commis ce crime sur d’autres hommes. Mais je conçois aussi qu’il peut être dangereux, comme le dit Burg, d’en faire l’identité d’un Etat comme Israël. Cette dernière citation de Burg résume bien la question : «Du fait de la Shoah nous voulons une armée toujours plus puissante, une augmentation des aides financières extérieures, le pardon continuel des fautes que nous commettons, et nous ne supportons aucune critique…».

Shlomo Sand, dont je vais parler maintenant, a un discours plus direct encore. D’abord il généralise : «Continuer de bénéficier des dividendes du capital de souffrance des générations précédentes est un phénomène culturel assez répandu». Et puis il s’adresse à Israël : «Avec la mémoire de la Shoah il est facile aux descendants des survivants de jouir d’une plus-value morale et ainsi clouer le bec aux critiques de l’occupation israélienne».

Shlomo Sand est prof d’histoire à l’Université de Tel-Aviv. Il a aussi étudié en France et a, curieusement, réalisé une thèse sur Georges Sorel, le théoricien de l’action syndicale violente qui a inspiré Mussolini. Il paraît, d’après Sand, que Sorel n’avait que du mépris pour Mussolini et son fascisme et qu’au contraire le grand gourou de la gauche italienne, Gramsci, estimait Sorel en tant que penseur. C’est en tout cas un personnage fascinant : il faudra que je me procure l’ouvrage que Sand lui a consacré (L’illusion en politique. Georges Sorel et le débat intellectuel 1900, édit. La Découverte, Paris, 1984).

Shlomo Sand est considéré comme faisant partie des post-sionistes, des intellectuels (surtout historiens) qui mettent en question un certain nombre de mythes fondateurs de l’Etat d’Israël, c. à d. du sionisme.

Et le premier de ces mythes est bien sûr celui de « l’exil ». Celui qui est inscrit dans la déclaration d’indépendance de l’Etat : «Bien qu’exilé de sa terre par la force des armes, le peuple dispersé parmi les nations, lui est resté fidèle…». Sand nous explique la signification religieuse du mot exil qui équivaut en quelque sorte à une punition divine et une interdiction de retour à la terre bénie. Mais les laïcs sionistes l’ont transformé en fait historique, Les juifs sont restés un peuple (deuxième mythe), un peuple vieux de 5000 ans et qui, depuis 2000 ans a toujours voulu revenir à sa terre d’origine, une terre (troisième mythe) à laquelle ils ont droit car ils en étaient les occupants permanents il y a 18 siècles, alors que les Arabes qui y vivaient au 20ème siècle n’en étaient que les habitants temporaires.

Sand qui a également travaillé sur Jaurès rappelle la différence fondamentale entre une définition de la nationalité ethnique-exclusive qu’il dit être propre à l’Europe centrale et orientale et la définition citoyenne-culturelle telle qu’elle s’est développée en Occident (France, Angleterre, Amérique, dit-il). J’ai étudié ces questions en détail d’abord à propos de l’autonomisme alsacien après la guerre de 14-18, ensuite à propos du nazisme et de sa relation avec le mouvement völkisch. Certains intellectuels autonomistes alsaciens reprochaient aux assimilateurs français de cultiver une vision trop intellectuelle de la nation alors qu’eux-mêmes partageaient une vision plus germaniste qu’ils disaient plus pragmatiste, concrète, basée sur la région, l’environnement, leur vie, donc leur langue et leur religion. Pourtant il n’y avait pas encore un abîme entre les deux conceptions. En France on avait aussi une certaine conception territoriale de la doulce France, et pas seulement à droite. C’est surtout contre le jacobinisme français que les autonomistes se battaient alors (comme le font aujourd’hui les Corses). C’est avec le mouvement völkisch qu’on a commencé à donner une importance exagérée à la relation entre la terre et la personnalité de ceux qui l’habitent, et y mêler des notions d’hérédité, de sang et de race. C’est le romantisme allemand qui est à l’origine de cette évolution qui passe par le mouvement völkisch pour aboutir au racisme nazi. Victor Klemperer qui vit en juif la persécution gestapiste à l’intérieur de l’Allemagne jusqu’en 1945 écrit dans son Journal : «le national-socialisme est la conséquence la plus venimeuse ou plus exactement la conséquence ultime et paroxystique du romantisme allemand».

Sand nous apprend que Heinrich Graetz, l’auteur de la monumentale Histoire des Juifs en 8 ou 10 volumes, s’était défini lui-même comme appartenant à un peuple-race, apparu plus de 2000 ans avant Jésus-Christ, dispersé au premier siècle et condamné depuis à l’errance. Il avait d’ailleurs participé à la grande controverse qui avait eu lieu vers 1860 – 70 entre Mommsen (et Humboldt) partisan d’un nationalisme ouvert et Treitschke, ethno-centriste et antisémite. Mais la grande majorité des juifs allemands étaient pour l’assimilation et leurs intellectuels participaient tous à la culture allemande. A l’Est la situation était peut-être un peu différente. Sand parle lui-même d’un peuple yiddish qui vit sur toute l’étendue de l’ancienne grande Pologne. Et l’écrivain Czeslaw Milosz expliquait le manque de solidarité témoigné par les Polonais envers les juifs durant la guerre par l’existence admise par tous de deux peuples en Pologne : les Polonais et les Juifs. Pourtant ce peuple yiddish existait surtout par sa culture propre : langue, musique, traditions et façon de vivre sa religion. Et si le sionisme a eu du succès dans ces régions il y eu aussi une grande partie de ces juifs qui se trouvaient bien dans leurs Staetl et n’avaient pas du tout envie d’émigrer vers une terre promise. Et le fameux Bund (il faut à tout prix que je me procure ce livre de Henri Minczeles : Histoire générale du Bund, un mouvement révolutionnaire juif, édit. Denoël, 1999) était un mouvement socialiste intégré dans les autres mouvements socialistes européens et totalement opposé aux sionistes.

Les intellectuels sionistes, dit Sand, n’avaient pas le choix, étant donnée la grande différence au point de vue culture et niveau d’assimilation des juifs européens : ils se voyaient obligés de développer une identité nouvelle sur une base biologique ou mythologique-religieuse. C’est ainsi que le principe ethno-centriste est devenu la base de la définition de la nationalité dans l’Etat d’Israël. Le Ministère israélien de l’Intérieur, dit Sand, définit 25% des citoyens comme non-juifs. Il confirme que le mariage religieux est le seul reconnu par la loi. Un pourcentage non négligeable de la terre ne peut être vendu à des non-juifs. Ils ont le droit de vote mais sont largement sous-représentés dans l’administration et le gouvernement. Ce sont nettement des citoyens de seconde zone. Israël appartient à ceux qui se considèrent comme juifs dans le monde entier (persécutés ou non), dit-il encore, et non aux Arabes et autres résidents qui parlent hébreux et qui sont intégrés dans l’économie israélienne.

Les mythes fondateurs ont d’autres conséquences : ainsi le problème des 700000 Palestiniens qui ont dû quitter leur terre en 1948 est un sujet tabou en Israël (c’était notre terre, ils étaient des intrus temporaires, ils sont partis d’eux-mêmes, c’est de l’histoire ancienne, n’en parlons plus, etc. J’ai entendu moi-même ce genre d’arguments lors de tables rondes entre Israéliens et Palestiniens). Aujourd’hui ils sont plus de 3 Millions et il est évident qu’ils ne peuvent plus tous rentrer mais le tort fait devrait au moins être reconnu.

Et puis il y a le mythe de la terre. Eretz Israël. Le grand Israël. Avec Jérusalem et la Palestine occupée. Sand dit que Ben Gourion avait poussé à l’étude de la Bible pour mieux justifier le droit d’Israël sur la terre. Malheureusement cela est devenu la vérité pour une bonne partie de la droite israélienne et surtout pour tous ces jeunes rabbins radicaux qui ont été le fer de lance de la colonisation en Cisjordanie et Gaza. Les colons qui étaient 100000 au moment de la signature des accords d’Oslo sont passés à 200000 entre 1995 et 99 (et Sand rappelle que le territoire de 48 représentait pourtant déjà 77% de la Palestine du Mandat britannique !).

Le plus décevant dans toute cette histoire c’est la démission des intellectuels dont la très grande majorité s’est couchée devant les politiques. Une exception : Yossi Beilin, ex-Ministre de la Justice de Barak, qui, avec quelques amis, a continué la discussion avec les Palestiniens et a conclu les accords de Genève (quelqu’un a dit - je ne sais plus qui, peut-être Elie Barnavi, ancien Ambassadeur d’Israël en France – que si un jour on arrivera à faire la paix entre Israël et la Palestine, ce sera forcément en partant de ces accords-là). Et puis Sand raconte la controverse qui s’est ouverte en Israël avec les post-sionistes sur de nombreux sujets délicats : guerre de 48, attitude d’Israël au moment même de la Shoah, colonisation, histoire religieuse, etc. Tout le monde est conscient aujourd’hui, dit Sand, du fait qu’Israël ne peut maintenir son contrôle direct sur les Palestiniens. Le grand débat sur la nature de l’Etat juif ne fait que commencer.

Il est temps. Il faut bien qu’un jour Israël devienne une république démocratique comme les autres. Il faut bien un jour faire la paix. Evacuer la Cisjordanie. Lâcher un morceau de Jérusalem (sinon impossible de faire la paix avec les pays arabes). Et disloquer la plus grande partie des colonies qui ne peuvent rester là avec tout leur appareil militaire à narguer les Palestiniens comme les anciens Chevaliers teutoniques avec leurs châteaux forts en pays de colonisation slave.

Mais le chemin à parcourir est long. C’est le mérite de ces deux livres de nous en faire prendre conscience. Il faut du courage. Et de la pédagogie. Une pédagogie qui a cruellement manqué après Oslo. Ce qui a causé, Sand nous le rappelle, la mort de Rabin.       

 

 



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